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Les grands sujets de négociation entre Washington et Téhéran
information fournie par Reuters 05/02/2026 à 15:47

Les États-Unis et l'Iran devraient se retrouver vendredi à Oman pour des discussions cruciales alors que la menace d'une nouvelle intervention militaire américaine plane sur une région en proie à des conflits depuis 2023.

Washington souhaite que les discussions portent sur le programme nucléaire iranien, ses missiles balistiques, son soutien aux groupes armés dans la région et la façon dont la République islamique "traite son propre peuple", a déclaré mercredi le secrétaire d'État Marco Rubio.

L'Iran affirme de son côté qu'il n'acceptera de discuter que de son programme nucléaire.

Voici les principales pommes de discorde entre les deux pays:

PROGRAMME NUCLÉAIRE

Ce programme suscite l'inquiétude depuis 2003, lorsque l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a signalé que l'Iran n'avait pas respecté le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), après avoir révélé que ce pays menait des activités nucléaires secrètes.

Le TNP donne à l'Iran le droit de mener un programme d'énergie nucléaire civile, mais lui interdit d'utiliser cette technologie, en particulier l'enrichissement d'uranium, pour développer des armes atomiques.

En 2015, l'Iran a conclu avec les grandes puissances occidentales, ainsi que la Chine et la Russie, un accord qui restreignait fortement ses activités nucléaires et assouplissait en contrepartie les sanctions internationales qui lui avaient été imposées.

Mais Donald Trump a retiré lors de son premier mandat les États-Unis de cet accord conclu par son prédécesseur Barack Obama, le qualifiant de "pire accord jamais conclu".

Des pourparlers indirects ont repris sous la présidence de Joe Biden, mais sans grand progrès. L'Iran a commencé à enrichir de l'uranium à 60%, ce qui n'est pas loin des 90% nécessaires pour fabriquer une bombe.

A son retour à la Maison blanche début 2025, Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran si celui-ci n'acceptait pas de conclure un nouvel accord. Plusieurs cycles de négociations ont eu lieu sans succès.

En juin, Israël et les États-Unis ont attaqué l'Iran, ciblant en particulier ses sites nucléaires, avant de négocier un cessez-le-feu. L'état des installations endommagées demeure incertain.

MISSILES BALISTIQUES

L'Iran possède l'un des plus grands stocks de missiles balistiques du Moyen-Orient.

Téhéran a tiré des missiles sur Israël pour la première fois en 2024, en représailles à une attaque contre son ambassade à Damas, alors que la région était au bord d'un conflit généralisé après les attaques du Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

En juin dernier, l'Iran a tiré des centaines de missiles en direction d'Israël, tuant des dizaines de personnes et testant les défenses aériennes d'Israël.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré le 30 janvier que "les capacités défensives et balistiques de l'Iran, ainsi que les missiles iraniens, ne feront jamais l'objet de négociations".

Marco Rubio a réclamé de son côté des discussions sur "la portée de leurs missiles balistiques".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré en janvier que les missiles balistiques iraniens constituaient une menace aussi grave pour Israël que son programme nucléaire.

ALLIÉS RÉGIONAUX

L'Iran a longtemps exercé son influence dans la région en soutenant des groupes armés tels que le Hamas palestinien, le Hezbollah libanais ou les Houthis au Yémen.

Qualifiés par Téhéran d'"axe de la résistance", ces groupes représentaient une menace sérieuse pour Israël au moment des attaques du 7-Octobre.

Israël a porté des coups sévères au Hezbollah, au Hamas et dans une moindre mesure aux Houthis lors des conflits qui ont suivi. L'influence régionale de l'Iran a été encore affaiblie par la chute de son allié syrien, Bachar al Assad, fin 2024.

Ni le Hamas, ni le Hezbollah n'ont cependant accepté pour le moment de déposer les armes. Quant au Houthis, s'ils ont cessé d'attaquer les navires commerciaux croisant en mer Rouge, ils contrôlent encore fermement les zones les plus peuplées du Yémen.

Les États-Unis cherchent par ailleurs à réduire l'influence des milices pro-iraniennes en Irak. Washington a menacé Bagdad de sanctions si ces dernières sont autorisées à participer au gouvernement.

MANIFESTATIONS EN IRAN

Donald Trump a intensifié ses menaces d'intervention contre l'Iran lors de la répression particulièrement meurtrière des manifestations antigouvernementales provoquées par la hausse du coût de la vie en début d'année.

Le président américain a semblé sur le point d'ordonner des bombardements avant de se rétracter, affirmant notamment que Téhéran avait renoncé à exécuter par pendaison des centaines de manifestants.

Les manifestations ayant été étouffées dans le sang, la répression n'est plus mise en avant par l'administration Trump, même si Marco Rubio a dit souhaiter que cette question fasse partie des négociations.

(Rédigé par Tom Perry ; version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)

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